Le syndrome de la cabane est une expression récente qui désigne une anxiété sociale ou l'angoisse de sortir de chez soi, en particulier après une période de confinement. On parle aussi de syndrome du prisonnier et le syndrome de l'escargot.
Parmi les motifs de consultation en psychologie les plus courants se trouvent les anxiétés. Notre mode de vie actuel n’y est pas étranger : travail stressant, manque de sommeil, pression constante, etc. Il y a bien sûr des prédispositions mais l’environnement y est pour beaucoup. Depuis quelques années, on prend de plus en plus au sérieux les angoisses car on a réalisé qu’elles étaient réellement source de souffrance et pouvaient considérablement altérer la qualité de vie des individus.
Même si la souffrance liée au stress n’est plus perçue comme étant une pure invention pour rester chez soi et ne pas venir bosser le matin, il n’empêche que la pression est toujours énorme et le ratio investissement-récompense de plus en plus déséquilibré.
Le COVID est à ce titre une expérience intéressante tant sur le plan personnel que professionnel. Parfois, seul un effondrement d’une telle ampleur parvient à mettre en lumière les dysfonctionnements de notre société. Il a fallu généraliser le télétravail, le même que l’on rechignait à proposer à ses salariés par manque de contrôle et par peur d’une perte d’efficience. Ce que cela a permis de prouver est quelque chose que l’on savait déjà : pouvoir travailler de chez soi est certes un avantage pour l’employé mais également pour le patron. On diminue tout un tas de frais de fonctionnement, on évite les temps de trajet, on travaille plus efficacement tout en étant dans un environnement familier.
Bien sûr travailler seul chez soi a également un revers, celui de l’isolement. C’est donc dans un entre-deux, dans la flexibilité que se trouve la panacée. Pouvoir s’écouter et s’adapter selon ses besoins. Voilà sans doute le point de bascule pour de nombreuses personnes. Cette période un peu hors du temps leur a permis d’arrêter ce rythme effréné, d’avoir du temps pour eux et pour beaucoup ce fut une révélation. Difficile ensuite de revenir à une situation antérieure sans angoisses profondes. À cela s’ajoute une paranoïa constante vis-à-vis du voisin potentiellement contaminé qu’il faut tenir à distance. Si les mesures de sécurité prises ont évidemment ralenti la propagation du virus et sont absolument nécessaires pour éviter un nouveau lockdown, elles sont également particulièrement difficiles à vivre au quotidien.
Comment oser se promener dans une foule, être à l’aise lors d’une réunion dans un bureau fermé ? Et ce masque qu’il faut sans cesse porter et qui parfois entrave la respiration au détour d’un rayon du supermarché… Alors on s’observe, on s’écarte à l’approche de l’autre, parfois le rythme cardiaque s’accélère et l’envie de sortir devient pressante, rentrer chez soi où tout est plus simple.
Quand on dit qu’il va falloir réapprendre à vivre, on ne mesure pas à quel point c’est vrai.
Comment ne pas être bousculé intérieurement par le fait de se sentir comme un danger mortel permanent, de voir la chaise où l’on vient de s’asseoir être désinfectée par peur de contamination ; comment ne pas être heurté par les regards accusateurs dès qu’on tousse dans son masque… Tout cela est un chamboulement, tout cela est anti-naturel, tout cela est anxiogène et il est normal de développer des phobies sociales.
Une crise de panique est une crise d'angoisse qui s'accompagne de symptômes physiques et émotionnels. Le trouble panique se caractérise par des attaques de panique récurrentes qui conduisent à une inquiétude incontrôlable à l’idée de futures attaques (peur d'avoir peur) et amènent des comportements d'évitement des situations qui peuvent déclencher une nouvelle crise. Dans des cas extrêmes, la personne ne peut tout simplement plus sortir de chez elle.
Nous sommes pour l’instant dans une période sans repères où personne ne peut affirmer avec certitude ce qui se passera d’ici 6 mois. Cette perte de contrôle et de repère sur sa propre existence peut accroître l’anxiété et le besoin de repli sur soi. Pour éviter qu’un trouble de ce type s’installe sur la durée, il est important de continuer à voir des gens et sortir de chez soi. À présent que les sorties sont à nouveau autorisées, il peut être judicieux de les multiplier en commençant par des exercices faciles et en augmentant progressivement la difficulté pour aller de victoire en victoire, c’est ce qu’on appelle l’exposition graduelle.
Dès qu’on sent qu’on perd pied, il ne faut pas hésiter à consulter. La thérapie comportementale travaille sur le principe d’exposition progressive et de renforcement. C’est une méthode qui a fait ses preuves et qui est particulièrement efficace pour les troubles anxieux. Plus tôt on s’y prend et plus vite on s’en sort mais même dans les cas d’anxiétés installées depuis des années, on observe des résultats extrêmement positifs et de réels changements de vie.
